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Ted Lasso, ou la solitude joyeuse du leader en quête de sens

Ted Lasso

Ce que le coach le plus improbable nous dit sur la vulnérabilité des leaders

« I believe in hope. I believe in Believe. » – Ted Lasso, saison 1

La série Ted Lasso a d’abord surpris. Comment un coach de football américain, recruté pour diriger un club de foot anglais sans connaître les règles du jeu, pouvait-il captiver autant de spectateurs, y compris des dirigeants, des managers, et des mentors du monde entier ?

Parce que sous ses allures de comédie feel-good, Ted Lasso parle d’une chose que peu osent nommer en entreprise : la solitude du leader. Pas celle du pouvoir. Celle du doute. Celle du manque d’appuis sincères. Celle du masque que l’on porte quand on est censé “tenir bon”.

Et Ted Lasso, avec son accent yankee, son sourire inépuisable et ses biscuits faits maison, réinvente une autre forme de leadership : vulnérable, relationnel, résilient.

🎭 Le masque du dirigeant : toujours en première ligne

Dès les premiers épisodes, on comprend que Ted n’est pas là pour gagner. En tout cas, pas selon les standards habituels. Il est là pour réparer, reconnecter, redonner du sens.

Mais il est seul. Isolé, moqué, dénigré. Il est parachuté dans un monde qu’il ne maîtrise pas, avec des règles implicites, des jeux de pouvoir, des egos surdimensionnés. Cela vous rappelle quelque chose ?

Un peu comme lorsqu’on devient dirigeant pour la première fois. Ou qu’on reprend une entreprise. Ou qu’on doit gérer une crise en solitaire.

Ted sourit. Mais il cache sa douleur. Il sourit pour tenir. Il sourit pour ne pas inquiéter. Il sourit, parfois, pour ne pas s’effondrer.

Dans la saison 2, les crises de panique qu’il subit viennent rappeler ce que la psychologie du travail confirme depuis longtemps :

Être à la tête d’une organisation, c’est souvent être la dernière digue émotionnelle, le dernier filtre de la tempête.

Et ça pèse. En silence.

🧭 Ted Lasso : du commandement vertical à la confiance horizontale

Ce qui fait de Ted un leader exceptionnel n’est pas sa compétence technique. Il ne connaît rien au foot anglais.

Mais il connaît le terrain humain.

Il crée de l’espace. Il écoute. Il ose poser des questions simples. Il ne sait pas… mais il avance.

Là où beaucoup de dirigeants croient devoir tout contrôler, tout comprendre, tout décider, Ted choisit de faire confiance.

Et surtout, il crée les conditions pour que les autres se fassent confiance entre eux.

Il incarne ce que Simon Sinek appelle dans Leaders Eat Last :

“Le rôle du leader n’est pas d’être invincible, mais de rendre son équipe capable d’affronter l’inconnu.”

(“Leadership is not about being in charge. It’s about taking care of those in your charge.”)

🪞 Un miroir pour les dirigeants : oser dire “je ne vais pas bien”

Dans la saison 2, Ted commence une thérapie. C’est un tournant. Pour la première fois, il cesse de faire semblant.

Il accepte de déposer les armes. De montrer ce qu’il traverse. Et, paradoxalement, c’est à ce moment-là que son leadership devient encore plus puissant.

En entreprise, c’est un tabou.

On peut parler de chiffres, de stratégie, de transformation digitale…

Mais dire “je me sens seul”, “j’ai peur”, “je ne sais pas” ? C’est souvent vécu comme un aveu de faiblesse.

Et pourtant… c’est ce type d’aveu qui ouvre les vraies conversations. Celles qui permettent aux autres de dire : “Moi aussi, j’ai besoin d’aide.”

Et donc, de bâtir une culture d’équipe solide, vraie, durable.

Ce que Ted Lasso nous apprend sur le mentorat et l’accompagnement

Ted n’est pas un dirigeant seul dans sa tour. Il crée peu à peu un cercle. Il s’appuie sur Beard, Keeley, Rebecca, Sharon…

Et il devient mentor à son tour. Pour Nate (malgré sa trahison). Pour Roy. Pour Jamie.

En tant que mentor de dirigeants, je retrouve dans Ted cette posture essentielle :

  • Écouter sans juger
  • Accompagner sans imposer
  • Challenger avec bienveillance
  • Valoriser ce qui est déjà là, au lieu de chercher à “corriger”

Parce que un bon mentor ne donne pas des solutions. Il crée des révélations.

🤝 La solitude n’est pas une fatalité. C’est un signal.

Quand j’étais nommé à 32 ans DG de Honda France, je pensais devoir tout incarner. Tout assumer. Tout porter.

Et parfois, je me suis senti comme Ted : à jouer un rôle, à cacher mes doutes, à faire comme si.

C’est avec le recul — et l’expérience — que j’ai compris que le vrai courage, ce n’était pas de tout tenir.

C’était de dire quand on fatigue. De demander du soutien. De savoir s’entourer intelligemment.

C’est ce que je transmets aujourd’hui dans mon métier de mentor. Et c’est ce que Ted Lasso, mine de rien, nous rappelle chaque épisode.

💡 En conclusion : croire en “Believe”, mais pas tout seul

Diriger, ce n’est pas être infaillible.

C’est tenir la barre dans la tempête, sans croire qu’on est le bateau tout entier.

Comme Ted, tu peux être drôle, sincère, humain, et profondément impactant.

Mais tu n’as pas à être seul.

S’entourer, se faire accompagner, oser parler… Ce ne sont pas des choix de faibles. Ce sont les fondations des leaders qui durent.

📣 Et toi, quel est ton “Believe” aujourd’hui ? Qui t’aide à le tenir ?

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