Éteindre des feux le jour, culpabiliser la nuit : le quotidien d’une dirigeante débordée

Une entreprise du secteur médical, rentable et reconnue. On me demande d’abord deux jours de formation au management et à la gestion des conflits. À l’issue de la formation, la dirigeante me demande de rester. Elle incarnait, sans le savoir, le portrait type du dirigeant débordé.

« J’ai l’impression de passer mes journées à éteindre des feux »

C’est ce qu’elle m’a dit à mon arrivée. Et ses nuits, à culpabiliser de ne pas avoir assez donné. Salons médicaux, relations clients, service après-vente : elle était partout.

Je me suis installé dans l’entreprise près de quatre jours par semaine pendant un an. Un jour, elle passe trois fois devant mon bureau pour me dire qu’un problème persiste dans une agence lointaine. À la quatrième, je lui demande : « À quel moment me demandez-vous de prendre l’avion pour aller le régler ? » Sa réponse : un immense soulagement. Il suffisait de demander.

Le piège du dirigeant débordé

  • Aucune structure RH : pas de fiches de poste, pas d’entretiens annuels.
  • Des équipes dépossédées : quand un dossier traînait, elle décrochait elle-même le téléphone, court-circuitant la personne en charge.
  • Des cadres qui ne décidaient plus : puisqu’elle décide de tout, autant ne rien décider pour ne pas se tromper.
  • Des silos géographiques : la technique dans un bâtiment, l’administratif dans un autre, et personne ne sachant ce que faisait l’autre.

Redonner de l’oxygène à l’organisation

Nous avons tout construit : fiches de poste rédigées par les salariés eux-mêmes, entretiens annuels et professionnels, comité de direction avec ordre du jour et compte rendu. Nous avons aussi appris à célébrer les petites victoires, comme une semaine sans incident sur le terrain.

Et nous avons testé un « vis ma vie » entre deux équipes qui se reprochaient mutuellement leurs difficultés. Je vous raconte dans l’épisode comment cette idée toute simple a transformé l’entreprise.

En fin de mission, la dirigeante m’a confié : « Je crois que j’ai arrêté de courir après la perfection. Je cherche maintenant la respiration juste. »

Dans le management, comme dans la vie, le vrai reboot, c’est quand on cesse de retenir son souffle.

Ce que j’en retiens pour vous

Si vos équipes ont du mal à se comprendre, faites-les changer de place une journée. Ne réservez pas cette pratique à l’intégration des nouveaux : c’est une fois installé dans son poste qu’on comprend le mieux le métier de l’autre. Et organisez de vraies réunions, avec un ordre du jour, d’où l’on ressort avec des réponses.

Vous aussi, vous avez l’impression de tout porter seul ? Le Diagnostic Dirigeant vous aide à y voir clair en quelques minutes.

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