Président et directrice qui ne se parlent plus : quand la gouvernance casse le collectif

Un groupement d’employeurs dans la propreté, engagé dans l’insertion de personnes peu qualifiées. Une belle mission, des valeurs humaines fortes. Et pourtant, la gouvernance ne fonctionne plus : le président et la directrice ne se parlent quasiment plus. Un comble pour une structure dont la raison d’être est d’aider les autres.

Deux lignes parallèles

Le président voit le groupement avec ses yeux de chef d’entreprise, puisqu’il dirige lui-même une société adhérente. Il a une stratégie, mais elle reste dans sa tête. Il ne vient presque jamais dans les bureaux.

La directrice, en poste depuis des décennies, connaît parfaitement son métier. Mais elle a les pleins pouvoirs, et le président découvre une fois par an, lors de l’assemblée, ce qui s’est passé pendant douze mois.

Ce qui se jouait vraiment dans cette gouvernance

  • Une équipe en mode pompier : cinq permanents, multitâches, qui éteignaient des feux toute la journée.
  • Des départs en burn-out que personne ne s’expliquait.
  • Une directrice absorbée par le micro-management, qui faisait elle-même ce que ses collaboratrices auraient pu faire.
  • Un conflit larvé : chaque échange entre les deux dirigeants faisait monter le ton.

Remettre les deux autour d’une table

J’ai joué le rôle de médiateur. Chacun a pu exprimer ce qu’il ressentait, sans jugement et sans être interrompu. Il y a eu des larmes. Et, comme souvent, chacun s’est aperçu qu’il avait une perception erronée de l’autre.

Puis on est passé en mode solution : une réunion hebdomadaire dans les locaux, un reporting mensuel simple, un travail sur la délégation pour que la directrice retrouve du temps pour aller chercher de nouveaux adhérents.

Mais la fin de l’histoire ne s’est pas écrite comme on pouvait l’espérer. Renouer le dialogue a aussi mis en lumière des réalités qui ont conduit le bureau à une décision courageuse. Laquelle ? Je le raconte dans l’épisode.

En fin de mission, le président m’a dit : « On a arrêté de courir après le comment pour se souvenir du pourquoi. »

Dans un groupement, comme dans une entreprise, le vrai reboot, c’est quand chacun retrouve sa place et que le président retrouve la sienne.

Ce que j’en retiens pour vous

Si vous siégez au bureau d’un groupement ou d’une association, oubliez un instant que vous êtes adhérent. Venez régulièrement sur place, apprenez à connaître les permanents pour ce qu’ils sont, pas seulement pour leur fiche de poste. Ce sont eux, les fondations de la structure.

Le dialogue est rompu au sommet de votre organisation ? Le Diagnostic Dirigeant vous aide à y voir clair en quelques minutes.

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